Fabrication de la chaux.
La chaux est obtenue à partir d'un calcaire très pur extrait de carrières. Traditionnellement, l'extraction était manuelle (pics, pioches...). Le four qui se situait à proximité de la carrière limitait les transports. Certains gisements, exploités par le passé, le sont encore parfois de nos jours : c'est toujours le cas en Inde pour le calcaire maritime (coquillages, coraux).
Aujourd'hui, pour faciliter l'extraction de la roche, on utilise des explosifs : on procède au tir de mine. Les blocs obtenus sont déposés dans des bennes par des pelles mécaniques, puis transportés vers les ateliers de préparation. Dès lors débute leur transformation. Le concassage, le criblage, le calibrage. Cette étape consiste à concasser et à cribler les blocs, afin d'obtenir une grosseur de pierres compatible avec le four utilisé. Les fours verticaux requièrent une fourchette de calibre de 20 à 140 mm, contre 5 à 40 mm pour les fours rotatifs. La cuisson ou calcination.
Deux types de fours sont employés dans l'industrie pour la cuisson du calcaire : le four vertical et le four rotatif. L’extinction de la chaux est le passage de la chaux vive à la chaux éteinte par le phénomène d'hydratation. A l'issue de cette opération, sa masse volumique augmente ; c'est le "foisonnement" (résultat d'un changement de structure moléculaire et de la formation d'aiguilles d'hydrate de chaux).
L'extinction : on mélange la chaux vive avec de l'eau. Il existe diverses méthodes.
La méthode par arrosage manuel consiste à ajouter la quantité exacte d'eau nécessaire à l'extinction. La réaction étant exothermique, il en résulte alors un important dégagement de chaleur qui engendre parfois des projections (dans le cas de blocs de chaux). Certaines particules de chaux peuvent malgré tout rester vives. Il suffit alors de stocker la chaux obtenue dans une fosse fermée humide : les grains de chaux vive s'éteindront par extinction spontanée.
La méthode traditionnelle par immersion consiste à tremper les blocs de chaux dans l'eau, les égoutter et les stocker pour laisser se terminer l'extinction. L'incorporation de la chaux doit se faire avec précaution, la réaction exothermique pouvant entraîner projections et bouillonnements.
Ces deux procédés fournissent de la chaux éteinte sous forme de poudre. L'extinction spontanée : on soumet la chaux vive à l'action lente et continue de l'air. La vapeur d'eau présente dans l'atmosphère permet l'extinction. L’extinction par fusion (ou extinction ordinaire) consiste à mettre la quantité d'eau utile afin d'obtenir une bouillie épaisse (chaux en pâte). La quantité d'eau ajoutée doit être précise afin d'éviter de brûler la chaux (formation de grumeaux) ou de la noyer (mauvaise consistance). Pour vérifier le degré d'extinction de la chaux, il suffit d'enfoncer un bâton dans le bassin :
"Si la chaux qui s'y attache est gluante, l'opération est bonne ; si elle ne s'y attache pas, si elle coule, la chaux est noyée : si une espèce de fumée ou de poudre tient au bâton, la chaux a probablement été brûlée."
Louis BOUCHARD-HUZARD, Traité des constructions rurales et de leur disposition, 1868."Pour déterminer la quantité d'eau strictement nécessaire, on prendra un fragment de chaux vive que l'on pèsera exactement, et qu'on mettra ensuite dans le fond d'un verre ou tout autre vase ; on versera dessus un volume d'eau quelconque, mais plus que suffisant pour éteindre la chaux ; lorsque l'eau aura produit son effet, la chaux éteinte en bouillie sera au fond du vase et recouverte de l'eau surabondante encore liquide. On décantera cette eau et l'on pèsera la bouillie: on retranchera de son poids celui de la chaux vive et la différence fera connaître la quantité d'eau absorbée par la chaux : c'est exactement la quantité que l'on devra employer pour l'extinction et il sera bien facile de la déterminer en volume, soi par le calcul, soit par une expérience directe." Valentin BISRON, Manuel théorique et pratique du chaufournier, 1836.
Pour une utilisation commode et la plus diverse possible, la chaux éteinte est plus fréquemment produite sous forme de poudre. La chaux vive est broyée et introduite en continu en même temps que l'eau dans un malaxeur appelé hydrateur. L'eau permet l'hydratation mais elle aide également à l'évacuation de la chaleur issue de la réaction. A la sortie de l'hydratateur, la chaux est tamisée par des séparateurs, sorte de ventilateurs qui effectuent un tri : Les particules les plus fines, les plus pures et à la teneur en chaux éteinte la plus élevée constituent la fleur de chaux (le " Top "). Les refus de séparateurs (impuretés, surcuits, incuits...) sont éliminés. La chaux éteinte est tamisée puis stockée en sac ou en vrac. Pour les chaux hydrauliques, l'extinction de la chaux vive se réalise à plus de 120°C, afin d'éviter l'hydratation des silicates et des aluminates. On conserve alors les propriétés hydrauliques. L’extinction permet d'obtenir 2 types de chaux éteintes : en poudre et en pâte.
La Chaux Hydraulique Naturelle est cuite vers 1 030 °C, et laisse le mur respirer à la différence du ciment, assainissant ainsi l’intérieur des maisons.